L’économie connaît un regain de croissance modeste et se stabilise après la profonde récession qui a commencé en 2014, mais la croissance reste trop faible pour faire reculer la pauvreté et est trop tributaire des fluctuations du secteur pétrolier.

Les autorités devraient achever la restructuration de la dette extérieure conformément à la stratégie visant à rétablir sa viabilité.

Les autorités sont encouragées à redoubler les efforts pour mettre en œuvre les réformes structurelles, notamment celles qui ont pour objectif d’améliorer la gouvernance et d’intensifier la lutte contre la corruption.

Les autorités se sont engagées à dégager des moyens adéquats pour aider les couches de populations les plus vulnérables.

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Alex Segura-Ubiergo, a séjourné à Brazzaville du 24 octobre au 6 novembre pour mener les consultations de 2019 au titre de l’article IV et procéder à la première revue de l’accord du FMI au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). À l’issue de la mission, M. Segura-Ubiergo a publié la déclaration ci-après :

« La croissance se stabilisera probablement autour de 2 % en 2019, soit un niveau similaire à celui observé en 2018. Le principal moteur de la croissance reste l’augmentation de la production de pétrole, même si celle-ci est plus faible que prévu en raison de difficultés techniques ponctuelles sur certains champs pétroliers. La croissance hors pétrole pourrait être positive pour la première fois depuis 2015, grâce à la reprise observée dans les secteurs de l’agriculture, de la sylviculture et du transport, mais elle restera inférieure à 1 %, et de nombreux secteurs économiques demeureront en récession. La mission a salué l’accroissement prévu du PIB, mais a noté que la croissance demeure trop faible pour faire reculer la pauvreté, car trop tributaire des fluctuations du secteur pétrolier. Les autorités devront redoubler d’efforts pour améliorer la gestion économique et faire avancer les réformes qui favorisent l’activité du secteur privé afin d’accélérer la croissance et la rendre plus inclusive. L’inflation reste modérée à environ 1,7 %.sur un an, à fin septembre 2019.

« L’excédent des transactions extérieures courantes devrait atteindre 8 % du PIB en 2019, en partie du fait de la croissance des exportations minières et sylvicoles. Cette évolution est particulièrement bienvenue, car il est essentiel de diversifier les exportations pour favoriser l’équilibre des échanges commerciaux lorsque la production de pétrole commencera à fléchir. Aussi, les avoirs extérieurs nets ont augmenté plus rapidement que prévu cette année, ce qui a contribué à l’accumulation de réserves au niveau régional.

« Cependant, les conditions financières demeurent difficiles. La croissance du crédit au secteur privé a été négative et les prêts improductifs ont augmenté pour atteindre 24 % du total des prêts bruts fin septembre. La mission a noté que les retards observés dans la mise en œuvre de la stratégie des autorités visant à apurer les arriérés intérieurs vis-à-vis du secteur privé ont un impact négatif sur la confiance des agents économiques. Les autorités devraient s’attaquer à ce problème promptement afin d’éviter une nouvelle détérioration des conditions économiques qui pourrait compromettre les progrès modestes au plan de la stabilisation de l’économie accomplis jusqu’à présent.

« À fin juin, les résultats budgétaires étaient mitigés. D’une part, les autorités ont atteint les objectifs fixés pour le solde primaire hors pétrole (en pourcentage du PIB hors pétrole) et le financement intérieur net, deux indicateurs essentiels permettant d’assurer une trajectoire viable des finances publiques. D’autre part, les recettes non pétrolières ont été inférieures aux attentes, résultat décevant observé également à fin septembre. Pour atténuer cette contreperformance, la mission a recommandé de réduire les exonérations fiscales et de procéder au strict recouvrement des arriérés d’impôts. Elle a conseillé aux autorités de respecter le calendrier prévu pour l’apurement des arriérés intérieurs afin de permettre aux entreprises du secteur privé de s’acquitter de leurs obligations fiscales en temps opportun. Pour réduire l’impact de la baisse des recettes non pétrolières, il sera nécessaire de poursuivre l’assainissement des finances publiques pendant le reste de l’année. La mission a également conseillé aux autorités d’éviter l’accumulation de nouveaux arriérés extérieurs et d’apurer l’encours restant des arriérés envers des créanciers extérieurs officiels dès que possible et conformément aux engagements pris.

« Les dépenses sociales, qui constituent une priorité du programme des autorités que le FMI appuie, reste à des niveaux trop faibles. Les autorités doivent dégager d’urgence des ressources adéquates pour aider les populations les plus vulnérables, en particulier grâce au programme de transferts en espèces Lisungi. Les autorités se sont engagées à poursuivre les réformes des finances publiques afin de renforcer l’efficacité et la transparence dans la chaine de la dépense, et veiller à la stricte application des règles budgétaires en vigueur.

« Il convient de féliciter les autorités pour avoir établi un budget 2020 compatible avec l’objectif de rétablissement de la viabilité des finances publiques. La mise en œuvre rigoureuse du budget pourrait entraîner une réduction du déficit primaire hors pétrole à 21,3 % du PIB hors pétrole en 2020, contre 24,8 % en 2019. Le solde primaire resterait excédentaire, ce qui pourrait contribuer à ramener la dette publique totale en deçà de 75 % du PIB. Cela constituerait un progrès considérable, étant donné que la dette atteignait environ 118 % du PIB en 2017. Cependant, pour rétablir la viabilité de la dette, les autorités doivent achever la restructuration de la dette extérieure envers les créanciers commerciaux, conformément à la stratégie qu’elles ont annoncée dans le cadre du programme appuyé par le FMI, et compte tenu des ressources du pays.

« Des progrès ont été accomplis jusqu’à présent, mais il convient de redoubler les efforts dans la mise en œuvre des réformes structurelles, notamment celles qui visent à améliorer la gouvernance et la transparence, ainsi qu’à intensifier la lutte contre la corruption. Les autorités ont indiqué que les décrets d’application nécessaires pour rendre opérationnelles la nouvelle Haute autorité de lutte contre la corruption et la Commission nationale de transparence, qui étaient prévus initialement pour septembre, seraient approuvés en novembre. La mission a également recommandé que les autorités publient trois rapports soumis au Parlement depuis mai 2019 sur l’utilisation des ressources pétroliers. Les autorités devraient également soumettre à la cour des comptes pour audit les dépenses consignées des exercices antérieurs qui ont été payées en 2019.

« La mission du FMI poursuivra les discussions avec les autorités sur les mesures en attente de réalisation identifiées pendant sa visite. Lorsque les autorités auront mis en œuvre ces mesures, la mission soumettra à l’examen du conseil d’administration, un rapport en appui à la demande de la République du Congo pour l’achèvement de la première revue du programme.

« La mission a rencontré le Premier Ministre, Chef du Gouvernement Mr Clément Mouamba, le Ministre des Finances et du Budget, Mr Calixte Nganongo, le Directeur National de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale, Mr Michel Dzombala, le Directeur Général de la SNPC, Mr Maixant Raoul Ominga, ainsi que des cadres supérieurs du ministère des Finances et du Budget, de la Banque centrale et du ministère des Hydrocarbures. Elle a également rencontré des représentants du secteur privé, de la société civile et des partenaires internationaux au développement.

« La mission tient à remercier les autorités congolaises pour des entretiens constructifs et pour leur chaleureuse hospitalité. »

 

 

 

FMI

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